Dans les rues de la cosmopolite Bruxelles, un ballet mécanique se joue en permanence, celui des bus de la Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (STIB). Pourtant, derrière cette chorégraphie de l’ordinaire, se cache une révolution silencieuse. Ces bus sont désormais bien plus que de simples moyens de transport. Hyper connectés, bourrés de capteurs et soutenus par une infrastructure informatique robuste, ils sont les acteurs d’une transformation profonde du transport urbain. Grâce à l’intelligence artificielle (IA), ils deviennent des outils de gestion des menaces pour la sécurité des transports.

L’intelligence artificielle au service des transports en commun

La STIB, comme de nombreuses autres compagnies de transport en commun dans le monde, utilise désormais l’IA pour optimiser la gestion de ses bus. Des capteurs sont installés sur chaque véhicule, collectant une myriade de données en temps réel. Ces informations sont ensuite analysées par des algorithmes d’apprentissage automatique pour prédire et résoudre divers problèmes.

On peut comparer cette utilisation de l’IA à celle de la météorologie. Tout comme les prévisionnistes utilisent des données historiques pour prédire le temps futur, les opérateurs des bus de la STIB exploitent les données des capteurs pour anticiper divers problèmes. Ils peuvent par exemple prédire quand un bus est susceptible de tomber en panne, ou quand il risque d’être en retard à cause d’un embouteillage.

Au-delà de la maintenance prédictive et de la gestion du trafic, l’IA peut également contribuer à améliorer la sécurité dans les transports en commun. Par exemple, des capteurs thermiques peuvent être utilisés pour détecter des comportements anormaux à bord des bus, comme une dispute entre passagers ou un sac abandonné. Ces informations peuvent ensuite être utilisées pour alerter le conducteur ou les autorités compétentes.

Une technologie au service de l’humain

Cependant, l’IA n’est pas une solution miracle qui va résoudre tous les problèmes des transports en commun. Comme le souligne un responsable de la STIB, « il faut garder son sens critique par rapport à l’intelligence artificielle ». En d’autres termes, cette technologie doit être utilisée comme un outil au service de l’humain, et non pas comme un substitut.

Cela signifie que la décision finale doit toujours revenir à une personne. Par exemple, si un algorithme prédit qu’un bus va tomber en panne, c’est au mécanicien de décider s’il faut effectuer une réparation ou non. De même, si une IA détecte un comportement suspect à bord d’un bus, c’est au conducteur ou à la police de décider comment réagir.

Dans ce contexte, il est essentiel de former les employés des compagnies de transport en commun à l’utilisation de ces nouvelles technologies. Ils doivent non seulement comprendre comment fonctionnent les algorithmes d’IA, mais aussi savoir comment interpréter leurs résultats et prendre des décisions en conséquence.

Vers une mobilité urbaine plus sûre et plus efficace

Malgré ces défis, l’IA a un potentiel énorme pour améliorer la sécurité et l’efficacité des transports en commun. En prédisant et en résolvant les problèmes avant qu’ils ne surviennent, elle peut contribuer à réduire les retards et les incidents, ce qui se traduit par une meilleure expérience pour les passagers.

De plus, en aidant à détecter les comportements suspects, l’IA peut contribuer à prévenir les actes de violence et les attaques terroristes dans les transports en commun. Cela peut non seulement sauver des vies, mais aussi renforcer la confiance des citoyens dans les transports publics.

En fin de compte, l’utilisation de l’IA dans les transports en commun est une tendance qui devrait se renforcer dans les années à venir. Alors que nous cherchons à rendre nos villes plus sûres et plus efficaces, il est essentiel d’exploiter les possibilités offertes par cette technologie. Mais comme le souligne la STIB, il est tout aussi important de ne pas perdre de vue l’élément humain. Après tout, c’est nous – les citoyens, les travailleurs, les usagers des transports – qui sommes au cœur de toute cette technologie.