Il semblerait que l’intelligence artificielle, ou IA, soit de plus en plus présente dans notre quotidien. Elle fait tout, de la recommandation de contenu sur nos plateformes sociales préférées jusqu’à la conduite de nos véhicules. Mais au-delà de ces utilisations communes, l’IA soulève également des questions éthiques et morales cruciales. Les algorithmes qui la sous-tendent sont-ils vraiment bénéfiques pour l’humanité ? Ou bien représentent-ils un danger pour notre libre arbitre et notre démocratie ? Prenons un moment pour démystifier ces questions.

L’IA, kezako ?

Avant tout, il est important de définir ce que nous entendons par « Intelligence Artificielle« . En réalité, il est plus précis de parler d’algorithmes. Une IA se compose d’au moins un algorithme, qui est construit sur des bases de données pour ensuite être appliqué à d’autres données afin de répondre à une question, résoudre un problème ou faire une prédiction.

En résumé, une IA n’est rien d’autre qu’un algorithme nourri par une base de données. Le terme « intelligence » peut prêter à confusion, car il suggère la présence de conscience ou de pensée autonome, ce qui n’est pas le cas avec l’IA.

Les réseaux sociaux et l’IA

L’IA est partout, mais elle est particulièrement présente sur les réseaux sociaux. Sans elle, ces plateformes seraient simplement des lieux de partage de contenu sans hiérarchie ni suggestions pertinentes. Les algorithmes permettent d’offrir une expérience personnalisée à chaque utilisateur en suggérant du contenu en fonction de ses préférences et de ses interactions.

Cependant, cela soulève une question essentielle : est-ce que ces algorithmes servent réellement l’intérêt des utilisateurs ? Ils sont conçus pour maximiser le temps passé sur la plateforme, ce qui correspond au modèle économique de l’économie de l’attention.

L’économie de l’attention et ses dérives

L’objectif de l’économie de l’attention est de retenir l’attention des utilisateurs le plus longtemps possible. Pour y parvenir, les algorithmes suggèrent du contenu susceptible de plaire à l’utilisateur, quitte à renforcer ses biais de confirmation. Si vous pensez que la Terre est plate, par exemple, l’algorithme vous suggérera du contenu qui soutient cette idée, sans remettre en question le postulat de départ.

Il en résulte un enfermement dans une « bulle de filtres », où l’utilisateur est principalement exposé à des points de vue qui confirment ses idées préconçues. Cela peut conduire à la propagation de théories du complot et de discours haineux, mettant en péril notre libre arbitre et notre démocratie.

Peut-on réguler l’IA ?

Face à ces dérives, certains appellent à une régulation de l’IA. Il y a quelques années, Mark Zuckerberg lui-même a demandé aux dirigeants européens de réguler les plateformes de réseaux sociaux. Pour lui, la première entreprise à faire un pas vers une régulation pourrait perdre de l’argent à court terme, mais gagner en crédibilité et en consommateurs à long terme.

Il existe déjà des régulations concernant la collecte, le stockage et le traitement des données à caractère personnel. L’Europe travaille également sur d’autres textes pour réguler les algorithmes de recommandation. Cependant, il n’est pas possible de réguler l’algorithme lui-même, car sa logique est construite de manière implicite.

Conclusion

En somme, l’IA n’est pas en soi un danger pour l’homme. Ce sont plutôt les usages qui en sont faits qui peuvent poser problème. Le défi est donc de parvenir à une régulation qui permette de tirer le meilleur parti de cette technologie, tout en limitant ses dérives. Une tâche complexe, mais essentielle pour garantir un avenir dans lequel l’IA est au service de l’humanité, et non l’inverse.

En tant que consommateurs, nous avons également un rôle à jouer en exigeant une plus grande transparence et en faisant preuve d’esprit critique vis-à-vis du contenu qui nous est suggéré. Après tout, chaque clic est un vote, et c’est à nous de décider quelle IA nous voulons pour demain.