L’essor de l’intelligence artificielle dans le monde de l’art soulève des questions juridiques inédites. Qui possède les droits d’une œuvre créée non pas par la main de l’homme, mais par les algorithmes d’une machine ?

Stephen Thaler : Pionnier ou provocateur ?

Stephen Thaler, éminent informaticien, a tenté à plusieurs reprises d’obtenir une protection par le droit d’auteur pour son œuvre intitulée « A Recent Entrance to Paradise« , entièrement conçue par une intelligence artificielle. Cependant, ses efforts ont été vains, la cour de Washington, D.C. ayant rejeté sa demande pour la troisième fois.

L’Homme derrière la Machine

Thaler n’est pas un artiste au sens traditionnel du terme. Il développe des programmes informatiques dotés d’intelligence artificielle capables de générer des œuvres d’art visuelles originales. L’une de ces IA, nommée « Creativity Machine », a produit l’œuvre controversée en 2012. Selon Thaler, cette œuvre fait partie d’une série simulant une « expérience de mort imminente », où un algorithme utilise des images pour créer des représentations oniriques et un récit inventé sur l’au-delà.

Le Cœur du Litige

La principale pierre d’achoppement réside dans la notion d’auteur. Pour être protégée par le droit d’auteur, une œuvre doit avoir été créée par un être humain. Or, dans le cas de « A Recent Entrance to Paradise », l’auteur est une machine. Thaler a tenté d’argumenter que, en tant que propriétaire de la « Creativity Machine », il devrait être considéré comme l’auteur de l’œuvre. Cependant, la cour a souligné à plusieurs reprises l’absence d' »auteur humain » dans la création de l’œuvre.

Vers de Nouveaux Horizons

La juge Beryl A. Howell a reconnu les défis posés par l’adoption croissante de la technologie IA par les artistes. Elle a souligné que la créativité humaine reste au cœur de la notion de droit d’auteur. Cependant, avec l’évolution rapide de la technologie, la définition même de la créativité pourrait être remise en question.

Résumons, la question de la propriété des œuvres créées par l’IA reste ouverte et controversée. Alors que certains voient dans ces œuvres le futur de l’art, d’autres s’inquiètent des implications éthiques et juridiques de cette nouvelle forme de création.